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Le Système de MacPherson : Comment Fonctionne cette Suspension ?

Vous entendez souvent parler de la suspension MacPherson mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est ? Pas de souci.

Ce guide vous explique son fonctionnement, ses avantages et pourquoi on la trouve partout.

Qu’est-ce que le système de suspension MacPherson ?

En gros, le système de MacPherson est un type de suspension indépendante. Ça veut dire que chaque roue avant réagit aux bosses de la route sans affecter l’autre. C’est le montage le plus courant sur le train avant des voitures aujourd’hui.

Sa conception est simple mais très efficace. L’idée de son inventeur, Earle S. MacPherson, était de regrouper plusieurs fonctions en un seul bloc pour gagner de la place et réduire les coûts.

Ce système repose sur deux éléments principaux :

  • La jambe de force : C’est la pièce maîtresse. Elle combine l’amortisseur et le ressort en un seul élément vertical. Elle est fixée en haut à la carrosserie et en bas au porte-moyeu (la pièce qui tient la roue).
  • Le bras de suspension : C’est une pièce horizontale qui relie la partie basse de la roue au châssis de la voiture. Il empêche la roue de bouger d’avant en arrière.

Quand vous roulez sur une bosse, la roue monte. La jambe de force se comprime pour absorber le choc, et le bras de suspension guide ce mouvement. C’est tout. Cette simplicité est sa plus grande force.

Les Avantages et Inconvénients du MacPherson

Le succès de la suspension MacPherson n’est pas un hasard. Elle offre un excellent compromis entre coût, efficacité et encombrement. C’est pour ça qu’on la retrouve sur une grande partie du parc automobile.

Voici ses principaux avantages :

  • Gain de place : C’est son atout majeur. Le système est compact sur les côtés, ce qui laisse beaucoup d’espace pour le moteur à l’avant du véhicule.
  • Coût réduit : Moins de pièces signifie une production moins chère et un montage plus rapide pour les constructeurs.
  • Légèreté : Comparé à un système à double triangle, le MacPherson est plus léger, ce qui aide à réduire le poids total de la voiture.
  • Robustesse : Sa conception simple le rend fiable et durable.

Le principal inconvénient : l’encombrement vertical.
Si le système MacPherson est compact en largeur, il est assez haut. C’est pourquoi on le trouve rarement sur l’essieu arrière des berlines classiques : la jambe de force réduirait trop le volume du coffre.

Les Différentes Variantes du Système MacPherson

Depuis son invention dans les années 50, le système de base a bien sûr évolué. Aujourd’hui, on trouve principalement deux grandes variantes qui améliorent ses performances et son comportement sur la route.

Le Pseudo MacPherson : la norme moderne

Le Pseudo MacPherson est l’évolution la plus courante. En fait, c’est ce type de suspension qui équipe la quasi-totalité des voitures modernes à traction. La différence avec le modèle original se situe au niveau du bras de suspension.

Au lieu d’un simple bras linéaire, le Pseudo MacPherson utilise un bras en forme de triangle. Ce triangle est fixé au châssis en deux points au lieu d’un seul. Cette conception permet de mieux gérer les forces qui s’appliquent sur la roue, que ce soit en virage ou au freinage.

Ce système est presque toujours associé à une barre anti-roulis (aussi appelée barre stabilisatrice). Cette barre relie les deux suspensions (gauche et droite) pour limiter la prise de roulis de la voiture dans les virages.

Le MacPherson à Double Pivot (ou à Pivot Indépendant) : la solution performance

Cette variante est réservée aux voitures puissantes, surtout les tractions sportives. Le problème des tractions avec beaucoup de chevaux, c’est le « torque steer » : des réactions parasites dans le volant à l’accélération. Le MacPherson à double pivot a été inventé pour corriger ça.

L’idée est de séparer la fonction d’amortissement de la fonction de direction. Pour ça, on ajoute une pièce, un pivot indépendant, entre la jambe de force et le porte-moyeu. Le résultat est une direction plus précise et une bien meilleure motricité en sortie de virage. Le véhicule est plus stable et les remontées de couple dans le volant sont quasi nulles.

Plusieurs constructeurs ont développé leur propre version de ce système :

  • Revoknuckle chez Ford (utilisé sur la Focus RS)
  • HiPerStrut chez Opel (utilisé sur l’Insignia et la Cascada)
  • On le retrouve aussi sur des modèles comme la Renault Mégane RS.

Sur Quels Types de Véhicules Retrouve-t-on la Suspension MacPherson ?

Grâce à sa polyvalence et son faible coût, la suspension MacPherson est devenue un standard dans l’industrie automobile. On la trouve sur une très large gamme de voitures.

L’usage le plus courant : le train avant des voitures à traction.
C’est son domaine de prédilection. Le gain de place qu’il offre est parfait pour loger le moteur et la boîte de vitesses. Pratiquement toutes les citadines et berlines compactes l’utilisent.

Voici quelques exemples concrets :

  • Citadines et compactes : Peugeot 308, Renault Mégane, Volkswagen Golf, etc.
  • Propulsions : Même des voitures à propulsion l’utilisent à l’avant, comme la BMW Série 3 ou la Porsche 911.
  • Essieu arrière : C’est plus rare, mais certains coupés à moteur central arrière, comme le Porsche Boxster, l’utilisent sur l’essieu arrière pour gagner de l’espace en largeur.

L’Histoire de l’Invention de la Suspension MacPherson

L’histoire de cette suspension est liée à un homme : Earle S. MacPherson, un ingénieur américain. À la fin des années 40, il travaille chez General Motors sur un projet de voiture compacte, la « Cadet ». Son objectif est de créer une suspension simple, pas chère et facile à produire en masse.

Il dépose un premier brevet en 1947, mais le projet « Cadet » est abandonné par GM. Sentant le potentiel de son invention, MacPherson quitte General Motors pour rejoindre Ford. Là-bas, il perfectionne sa conception et dépose un nouveau brevet en 1949.

La première voiture de série à utiliser cette nouvelle suspension est la Ford Consul, sortie au Royaume-Uni en 1951. En France, il faudra attendre 1954 pour la voir apparaître sur la Ford Vedette. Le succès est immédiat, et la conception se propage rapidement à d’autres constructeurs.

Le MacPherson face aux Autres Types de Suspensions

Même si le MacPherson domine le marché, il n’est pas le seul système existant. D’autres types de suspensions sont utilisés en fonction du prix, du type et de la performance du véhicule. Voici les principales alternatives :

  • La suspension à double triangulation : C’est une solution plus complexe et plus chère, mais aussi plus performante. Elle offre un meilleur contrôle du pneu. On la trouve sur les voitures de sport (Lamborghini Aventador), les berlines haut de gamme et les tout-terrains (Range Rover).
  • La suspension multibras : Composée de plusieurs bras (généralement 3 à 5), elle offre un excellent compromis entre confort et tenue de route. Elle est souvent utilisée sur l’essieu arrière des berlines routières (Audi A6) ou des compactes puissantes.
  • L’essieu arrière déformable (ou essieu de torsion) : C’est une solution simple et économique pour l’arrière des petites voitures à traction (Peugeot 308). Ce n’est pas une suspension totalement indépendante.

Le système MacPherson est donc une solution simple, mais efficace. Son invention a permis de réduire les coûts de production des voitures tout en offrant une bonne tenue de route. Aujourd’hui encore, sa conception reste la base pour le train avant de la majorité des véhicules que nous conduisons.

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